Désir affectif et sexuel, attirance érotique.
Dans l'immense éventail des possibles sexuels, c'est ici « l'action de donner une direction déterminée à une relation en cours », une couleur, un sens particulier. Il ne faut pas confondre orientation avec « identité sexuelle » (genres).
S'identifier à un genre féminin, masculin (ou neutre, androgyne, ou fluctuant, etc.) ne devrait pas préjuger de l'orientation sexuelle mais les gens confondent apparence et désir. Ne pas confondre donc l'orientation avec les codes vestimentaires, ou les catégories relevant du droit pénal que sont la pédophilie, la violence sexuelle (viol, harcèlement).
En revanche, si on naît généralement de sexe féminin ou masculin, on peut au cours de sa vie soit vouloir vivre comme « appartenant » à ce sexe, soit vouloir changer de sexe. De même, si l'orientation sexuelle est relativement stable, elle n'est en rien définitive : on peut se porter tour à tour vers le sexe féminin, masculin, ou les deux à la fois.
Enfin, l'orientation n'est pas résumable aux options basiques que seraient « hétérosexualité » d'un côté et « homosexualité » de l'autre. L'orientation sexuelle chez les humains en général revêt plusieurs aspects : l'instinctuel (instincts, pulsion sexuelle / libido), l'affectif (l'attachement), l'émotionnel (l'amour) et l'imaginaire des représentations (la mode, le cinéma, etc.). Si la majorité des relations sexuelles en France semble, selon les études statistiques, relever d'une bipolarité femme + homme, on ne peut pas en conclure que l'orientation sexuelle dominante de l'ensemble de ces couples se pose de façon certaine et évidente comme un tout hétérosexuel simple, linéaire, sans aspérité.
L'hétérosexualité est aussi une orientation sexuelle.
Le sexe (au sens étymologique : ce qui sépare) possède ses contradictions : il s'agit bien ici d'un discours plus ou moins convenu, négocié, sur ce qui avant tout me convient ou pas, me donne du plaisir ou pas, me rend heureux ou pas. L'adolescence est en apparence la période où l'orientation sexuelle paraît la plus fluctuante. La prise de conscience au niveau individuel semble pourtant remonter à la pré-adolescence : filles et garçons se souviennent après coup de leurs attirances pour tel ou tel « objet sexuel » (au sens large), ces souvenirs prenant bien sûr un sens particulièrement signifiant, à mesure que se construit une vie sexuelle. Cette construction multifactorielle, dans une société telle que la nôtre, se voudrait idéale, non aliénée, non dictée par des préjugés, des discours imposés, des modèles dominants. Il n'en est pas souvent ainsi. On apprend à devenir une femme, un homme de façon standardisée suivant des moules patriarcaux et matriarcaux ancestraux transmis à travers les différents régimes socio-culturels accumulés.
Le rapport Kinsey (1948) souvent repris à travers les discours de types « sexologies », définit l'orientation sexuelle suivant une échelle à 7 niveaux, de l'hétérosexualité exclusive à l'homosexualité exclusive en passant par la bisexualité. Il est admis que selon les individus, ces niveaux sont plus ou moins fluctuants.
Il est troublant de constater que si chacun aujourd'hui veut être libre de décider de sa vie sexuelle, on recherche avec une avidité toute singulière « sa vérité » quand ce n'est « la Vérité » sexuelle fondamentale. D'où les discours exclusifs et d'exclusion, souvent exprimés en termes « utilitaristes », qui peuvent conduire à des formes de violence envers soi et l'autre.
Existe-t-il une « vérité » sexuelle définitive, absolue ?
D'autres études ont essayé de sortir du schéma dominant « hétéro comme opposé à homo », en considérant l'orientation sexuelle comme un processus dynamique comportant plusieurs variables de la sexualité : l'attraction, le comportement, les fantaisies, la préférence émotionnelle, l'auto identification, le style de vie / l'affiliation. On a aussi tendance à confondre comportement et orientation.
Des notions comme l'ambisexualité, l'hétérophilie, l'homophobie, l'hétérophobie, l'homophilie, l'asexualité permettent de nuancer les catégorisations, si tant est que chacun cherche à se définir, à « rentrer dans une petite boîte ».
Au niveau des représentations, par exemple, et dans le porno en particulier, l'image que l'on donne des rapports entre femme et homme est fondamentalement réductrice, la femme étant « la salope », réduite à un rôle passif, l'homme, « l'étalon », actif surmembré et indéfiniment éjaculateur. Cette rhétorique se répète souvent dans les films destinés aux publics homosexuels. Dans la « vie sexuelle réelle », en revanche, le champ des possibles tend vers l'infini.
Voir aussi :
actif-passif,
sexologie,
transgenre,
sexe féminin,
sexe masculin