Nom masculin, du latin [instinctus], « impulsion ».
L'instinct est présent dans chacun des besoins fondamentaux propres à l'espèce humaine : « la nourriture, le sommeil, l'affection, le jeu et le questionnement » (
Umberto Eco). La sexualité humaine, « les » sexualités devraient-on dire, évolue en fonction de ces besoins. Chaque individu connaît son propre rythme, répond plus ou moins aux « impulsions » que son corps (cerveau inclus) lui soumet. Le psychanalyste
Sigmund Freud (1854-1939), qui parle de l'Homme en tant que « sujet », appelle ça la libido, d'autres la « nature », les « pulsions ». Tout se passe comme si l'Homme, qui est l'animal social par excellence, ne cessait de peser en lui-même d'un côté l'instinct (parfois flou mais qui se manifeste souvent comme un ordre) et le culturel (l'éducation, l'expérience, l'imitation). On se trouve toujours une bonne excuse en disant : « C'est l'instinct, j'y peux rien ! ». D'où la notion de raison, de jugement, de morale, sans parler d'éthique.
Que se passerait-il si les instincts sexuels parlaient à notre place (sans les mots, les conventions, le social) ? Pendant un acte sexuel, qu'il soit autoérotique (masturbation) ou partagé, il apparaît que nous nous libérons de quelque chose : le relâchement du corps, la frénésie, la conquête du plaisir, le désir de jouissance, ne sont en fait que des productions humaines d'où n'est jamais absent le contrôle de soi : les cris, l'éjaculation, les caresses, et même l'orgasme sont des étapes qui doivent autant à l'acquis qu'à l'inné. Même si depuis deux mille ans, bon nombre de « penseurs » - et de censeurs - associent « animalité » et « sexualité ».
La criminologie, discours qui se développe à partir du XIXe siècle, a tenté de comprendre les crimes sexuels bien souvent en réprimant ou cachant le sexuel. Au début du XXIe siècle, on dissocie l'instinct sexuel de la pulsion, le désir de la perversion, le fantasme du passage à l'acte. Aussi étrange que cela puisse paraître, le plaisir est un apprentissage qui doit plus à l'éducation, aux expériences qu'à un hypothétique sens inné, caché au fond de soi comme une bête assoiffée.
Voir aussi : désir, plaisir, pulsion