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Hygiène sexuelle

Expression de genre féminin. Le mot « hygiène » vient du grec [hygieinon], « santé ».

L'hygiène sexuelle n'est pas une chose acquise en soi : elle est principalement le produit d'un héritage culturel, religieux ou familial. Les organes sexuels, longtemps cachés, interdits de regard, nécessitent cependant d'être lavés car ils sont biologiquement destinés en tant qu'orifices naturels du corps à évacuer ce que le corps ne veut plus : les urines (miction) et les matières fécales (défécation). D'autres liquides ou matières corporels s'y produisent : smegma et liquide pré-spermatique pour l'homme, glaires vaginales ou saignement menstruel pour la femme, transpiration dans les deux cas. Comme pour toute production corporelle, elles s'accompagnent d'odeurs plus ou moins fortes, dues à l'oxydation et une activité bactérienne normales (le contraire serait inquiétant). On sait le rôle des odeurs dans la chimie amoureuse et sexuelle. Le premier agent lavant est l'eau. Accompagnée de « savon » pris ici au sens large, la peau se trouve alors débarrassée non seulement de « souillures » mais aussi de ses peaux mortes (soit le smegma formé sur le prépuce des hommes non circoncis).

L'hygiène sexuelle d'une femme, parce qu'elle participe de l'intime, nécessite parfois une série de pratiques que l'homme ignore, et réciproquement. On trouve trace de cette curiosité dans une vieille légende, Mélusine (Xe siècle) rattaché aussi au mythe de « Vénus au bain surprise par le chasseur Actéon ». Dans l'un et l'autre cas, le corps est métamorphosé à peine entrevu : Mélusine en serpent, Actéon en cerf. Autrement dit : si l'hygiène sexuelle ne concerne que votre rapport à votre corps, il importe aussi de veiller à ce que ce corps ne dérange pas l'autre (avant que d'être dérangé par un regard accusateur) !


En matière de prévention, certains parasites (champignons, gales, morpions), bactéries (flore intestinale, vaginale, ou urinaire) favorisent la transmission des MST : en sensibilisant la peau, la rendant poreuse, prédisposée aux infections de surface, voire à une contamination sanguine. Ainsi, pour la femme, il est totalement délirant de se faire des lavements intra-vaginaux avec des détergents : l'infection serait d'autant plus facilitée. Le vagin produit des sécrétions avant et pendant l'acte sexuel qui ne sont pas sales : elles contiennent au contraire des substances qui irriguent les parois vaginales, empêchent l'échauffement et neutralisent même certaines odeurs (au point qu'on parle d'un euphorisant, chimiquement parlant).

Pour l'homme, le gland est un endroit sensible, il ne doit pas être badigeonner de substances alcoolisées (un coup de spray, et bonjour les hurlements !) ou frotter avec un linge abrasif. En général, on nettoie les zones génitales sujettes à l'échauffement : aines, rainure des fesses, contour de l'anus, le périnée, le pubis, autant d'endroits frottés par les vêtements (même en coton) lors d'un simple déplacement. Gérer son odeur, son hygiène, participe de la sexualité. C'est un choix personnel à négocier avec le ou la partenaire : on sait que beaucoup aiment garder l'odeur de l'autre sur soi, après un rapport sexuel poussé. Des rapports fréquents, répétés, sans un minimum d'hygiène, peuvent conduire à des irritations.


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