Nom féminin. L'éjaculation désigne le fait d'expulser avec force certaines sécrétions du corps, et tout particulièrement l'expulsion du sperme (en nombre de jets ou gouttes variables) chez l'homme (passant par l'urètre, sortant par le méat situé en haut du gland) dont elle caractérise l'orgasme. Ce mot est aussi utilisé pour parler de certains orgasmes chez la femme. Celle-ci fait jaillir de son canal urinaire un liquide qui n'est toutefois pas de l'urine, il s'agit d'éjaculation féminine, appelée vulgairement, le phénomène de la « femme fontaine ».
Lors d'un rapport sexuel classique, la plupart des éjaculations masculines ont lieu soit dans le vagin, soit dans une capote. Il n'y a que dans le porno que l'homme signe systématiquement sa performance en éclaboussant son corps, le corps de l'autre... Cependant les éjaculations peuvent avoir sur toutes les parties du corps et sur tout objet imaginable. Sur le visage, on parle d'éjaculation faciale. Cet acte peut être vécue symboliquement et physiquement comme une souillure, une humiliation. Ou au contraire comme la preuve d'une adoration réciproque (l'un offre sa semence comme un don, l'autre reçoit l'offrande, peut même l'avaler).
Le statut de l'éjaculation qui marque le point culminant de la jouissance chez l'homme est très ambigu. D'un point de vue technique, c'est un réflexe plus ou moins contrôlable. Une éjaculation précoce sera ressentie tour à tour comme une marque d'égoïsme (ne pas savoir attendre l'autre dans la montée du plaisir) ou comme une surexcitation positive (« tu m'as trop chauffé ».) mais la personne qui assiste à ça est en droit de commenter elle aussi le phénomène. Une éjaculation est rarement suivie d'une autre : niveau d'excitation, concentration, effort, capacité physique à ne pas s'endormir (l'hypophyse, une glande située dans le cerveau, déclenche aussi des endorphines, drogue interne du sommeil), sont autant de facteurs qui entrent en compte. En moyenne, au bout de 30 à 45 minutes, en fonction de l'âge, de l'excitation, une nouvelle éjaculation est possible mais elle peut être quelque peu douloureuse.
Un homme peut éprouver des difficultés à éjaculer, le « peine à jouir » étant tour à tour qualifié de limeur, de besogneux. La bite est un organe très érogène mais l'érection, commandée par l'hypophyse, est séparée de l'éjaculation : ce n'est pas parce que l'on bande que l'on éjacule. D'ailleurs, des éjaculations sans érection existent, sans orgasme aussi (par exemple dans la « pollution nocturne », ou « rêve humide », dans lequel l'homme rêve à une situation qui provoque l'expulsion du sperme). Cette dichotomie érection/éjaculation est d'ailleurs au centre de certaines pratiques orientales.
Retarder l'éjaculation ?
Il n'y a pas de recette : avec la pratique naît la maîtrise de soi. Après l'éjaculation, certains hommes éprouvent un vague sentiment de tristesse : est-ce parce que c'est déjà fini ? c'était donc ça ? une perte de soi ? cette absence que l'on nomme « la petite mort » ? Ce qui paraît certain : durant les moments forts de l'orgasme, les humains perdent le contrôle et les repères du monde extérieur. Ils sont, à ce moment-là, des plus vulnérables. Tapi en nous, le vieil instinct animal nous pousse à nous cacher pour le faire, et à la fin, le retour aux réalités convoque parfois la mélancolie.
Alfred Jarry écrivait : « le sexe est sans importance car on peut le refaire encore et encore. »
Voir aussi : Anéjaculation (peine à jouir), Avaler, Précoce, Sperme