Nom masculin. Du latin [desidere]. « ce qui tombe des astres ».
Et voilà pourquoi il ne faudrait pas confondre besoin sexuel, instincts et pulsions, d'avec la passion, le coup de foudre. Le désir sexuel est un besoin qui devrait se dire « désir de sexe », et détaché de toute morale. Le philosophe grec
Platon disait : « le désir des plaisirs, qui est inné, est le plus violent de tous » (Phèdre, 237 d). Dans
Le Banquet, Socrate distingue aussi l'amour qui élève et celui pour les plaisirs qui avachie l'homme. 2500 ans après, on se s'inquiète plus guère de trouver pertinent de distinguer envie ou désir sexuels d'avec le besoin d'amour, de compagnie, de toucher une peau, de n'être plus seul(e) : ce tout peu cohérent mais pratique au fond, permet de dire que le désir, jamais très clair finalement dans son objet (s'il l'était, il mourrait), à force de tâtonner dans la nuit, comme jadis Œdipe en la sienne qui se crevât les yeux, ressemble à un nuage de probabilités, de possibles, de nuances.
Déclarer « J'ai envie de baiser » au fond, c'est pareil que de dire « Je désire ce corps ». Mais cet impératif suppose une économie, et des calculs. « Je ne désire par ton corps mais juste l'image que tu me renvoies de toi si je m'imagine en train de t'aimer » écrit
Patrick Modiano. Il y a celles et ceux qui désirent tout ce qu'ils touchent, qui confondent désir et réalité, qui prennent leurs désirs pour des actes : l'imaginaire stocke une quantité stupéfiante de scénarios, de fantasmes. Parfois, les techniques de drague improvisées ou non, déboulent à la suite d'un désir impérieux (du fait aussi de rivalités). Plus besoin de mots et de pensées, l'action suit l'action. D'autres fois, l'imaginaire l'emporte, sublime tout. Et la personne reste là, avec ses rêves de conquête et de profanation.
Cependant, le désir de sexe et le désir d'amour se dissocient parfois : au cours des premières années de l'adolescence, le désir motivé par la curiosité, consumériste, innocent, mensonger (plein de ruses au fond), puis plus tard quand une personne continue d'aimer une autre personne mais désire se dépenser sexuellement avec une autre. Le désir peut se fixer, devenir obsession, voire névrose : ce qu'on appelle des trips, comme le voyeurisme, l'exhibitionnisme, des formes de fétichismes, de sado-masochismes. Aucun désir de quelque nature qu'il soit n'est inhumain.
Voir aussi : Addiction, drague, morale, peau