Nom féminin. XIVe siècle, du vieux français [brand], grosse épée, puis «brandir », osciller, et enfin, remuer, agiter, tourner.
Le branle est une danse du XVe siècle qui n'a rien de sexuel. En revanche, se faire une bonne branlette... En général, ce terme familier est utilisé par les garçons pour qualifier une pratique sexuelle, la masturbation. Les filles se branlent aussi mais différemment. Côté mec, on prend la verge dans sa main, on la fait bander, et par une série de mouvements de bas en haut, ou réciproquement, il se produit, conséquence d'une montée d'orgasme, une éjaculation (expulsion de sperme).
Outre le fait que se soit parfois salissant, les méthodes d'excitation varient presque à l'infini et conduisent toutes au même résultat : un plaisir bref, intense, parfois décevant mais on recommencera. Si elle peut parfois tourner à l'addiction, la branlette reste le meilleur calmant, provoquant dans le cerveau une décharge d'endomorphines (déstressant). Pour les jeunes, la branlette procède en théorie d'une phase exploratoire des potentiels du corps. Il n'en est rien en pratique : le jeune humain se branle depuis la petite enfance, les parents fermant les yeux. Ça a peut-être à voir avec le souci de se toucher, de se masser, de se rassurer, de rester en vie.
Socialement, la branlette est souvent synonyme de solitude, de déréliction. Les sondages affirment que 90% des jeunes hommes entre 13 et 20 ans s'y adonnent. Quand ces derniers sont interrogés par leurs ami(e)s ou leurs parents (« Qu'est-ce que tu branles ? »), le taux retombe à... 1%. Côté fille, on parle pour la vulve de caresses, de doigtage, la main (ou un substitut du pénis, le gode) explorant les petites lèvres, le clitoris, l'intérieur du vagin... Mais la branlette féminine appelée aussi gahamuchage ne se limite pas à la chatte : les seins, l'anus, l'intérieur des cuisses, le cou, le creux de l'oreille, bref tout le corps peut devenir érogène.
Les garçons le savent, et vivent ça comme une injustice. Autre motif de conflit entre partenaires : la meilleure branlette est celle que l'on se donne à soi-même. Et bien, il faut apprendre à l'autre à bien la faire, explorer et écouter. Des manuels d'enseignement existaient depuis l'Antiquité, chez les Romains, les Chinois (livres d'oreiller), au XVIe siècle italien. Aujourd'hui, certains magazines déculpabilisent et encouragent la branlette réciproque. Rien n'empêche de se masturber toute la vie durant, il n'a jamais été prouver que cela fut néfaste. On peut le faire n'importe où mais pas en public, sauf si vous y êtes autorisé(e). Si on vous en fait le reproche, vous pouvez toujours répondre : « J'en ai rien à branler » mais ce serait très mal poli et inapproprié. Ah, dernier détail : elle ne rend pas sourd(e).
Équivalents en langues étrangères :
Ang. : wank, jerk off, fingering, toss off
Esp. : pogneta, manuela
Québ. : se crosser
Voir aussi : anus, bander, caresses, chatte, clitoris, gode, masturbation, massage, pénis, seins, vagin, vulve, zones érogènes